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MON DISCOURS LORS DE L’ENGAGEMENT NATIONAL CONTRE LES VIOLENCES BASÉES SUR LE GENRE

Mesdames, Messieurs,

C’est avec une émotion toute particulière que je prends la parole en ce jour important de notre engagement commun, en faveur de la lutte contre les violences basées sur le genre dans notre pays.

Je voudrais avant tout propos, vous transmettre les chaleureuses salutations de mon cher époux, le Président Alassane Ouattara, Premier défenseur des droits de la femme, qui m’a demandée de vous manifester tout son soutien en cette occasion solennelle.

Mes salutations vont à présent, à ma chère sœur, Madame Maimouna Koné, Epouse de Monsieur le Vice-Président, que je remercie d’être à nos côtés.

Je souhaiterais saluer maintenant, Monsieur Robert Beugré Mambé, Premier Ministre et Chef du Gouvernement et Monsieur Patrick Achi, Président de l’Assemblée Nationale, ainsi que Sa Majesté Nana Désiré Amon Tanoé, Président de la Chambre des Rois et Chefs Traditionnels de Côte d’Ivoire. Merci à vous, d’accompagner cet engagement national en faveur du bien-être de nos sœurs.

Mes salutations vont également à l’ensemble des Membres du Gouvernement ici présents ; particulièrement à ma chère petite sœur, Madame Nassénéba Touré, Ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant et initiatrice de cette journée d’engagement national, que je félicite pour le travail remarquable accompli pour la défense des droits des femmes et des filles dans notre pays.

Je salue avec elle, nos invités d’honneur, Mesdames et Messieurs les Ministres en charge du genre de la République Centrafricaine, de la Guinée Connakry et de la Sierra Léone qui ont effectué le déplacement, pour être des nôtres ce matin.

Je voudrais saluer aussi, mes chères sœurs épouses de Présidents d’Institutions et de Ministres, qui sont à nos côtés pour cet important évènement. Je vous remercie de votre présence très appréciée.

Je salue également la présence des Ambassadeurs et Chefs de Missions Diplomatiques accrédités en Côte d’Ivoire, ainsi que leurs épouses avec à leur tête, Madame Suhad Belliard, Ambassadrice de France. Merci chère sœur, d’être à nos côtés comme à votre habitude.

J’associe à ces salutations, tous les membres de ma délégation venus nous soutenir.

Mes salutations vont à présent, à l’ensemble des autorités administratives et aux autorités politiques qui ont effectué le déplacement ce jour, et particulièrement à Monsieur Jean-Marc Yacé, Maire de la commune de Cocody, que je remercie pour son chaleureux mot de bienvenue.

J’adresse mes salutations toutes particulières au Cheick Aïma Diakité, Président du COSIM et au Père Hughes Dimitri, Curée de la Paroisse Saint Jean de Cocody, représentant Son Eminence Ignace Cardinal Bessi Dogbo, Archevêque d’Abidjan.

Je salue aussi, les autorités traditionnelles et religieuses, qui nous entourent comme à chaque occasion, de leurs prières et leurs bénédictions. Merci pour votre présence.

J’aimerais saluer aussi, Mesdames et Messieurs les représentants du secteur privé, de la société civile et des médias, dont le rôle dans l’engagement national contre les violences basées sur le genre n’est plus à démontrer. Merci pour votre implication et pour le travail que vous faites.

Mes chaleureuses salutations vont enfin à toutes nos sœurs ici présentes, ainsi qu’à nos jeunes fortement mobilisés. Merci d’être présents en si grand nombre.

Mesdames, Messieurs,

Nous sommes rassemblés ici ce jour, pour poser ensemble un acte solennel et historique : celui d’élever nos voix, d’un même élan, pour dire que les violences faites aux femmes et aux filles de Côte d’Ivoire ne sont plus admissibles dans notre pays.

En effet, les violences basées sur le genre constituent une violation grave des droits humains, un frein direct à l’autonomie de nos sœurs et une entrave au plein développement de notre Nation. C’est donc collectivement que nous devons agir pour éradiquer ce phénomène de notre société.

Les chiffres qui nous ont été présentés par Madame la Ministre sont certes inquiétants, mais ils nous révèlent aussi un changement de mentalité en cours. Car si le nombre de cas signalés progresse, c’est parce que les femmes osent parler davantage et que les mécanismes de dénonciation se renforcent. Cette libération de la parole est déjà, en soi, une avancée notable qui nous permet de prendre conscience de la gravité de la situation et de rechercher collectivement les solutions appropriées.

 Mesdames, Messieurs,

Depuis plus de 28 ans, j’ai fait de la protection des enfants et du bien-être des femmes, le cœur de mon engagement social et humanitaire. Et face à la réalité persistante des violences basées sur le genre, j’ai la conviction profonde que les mots ne suffisent pas et que l’engagement doit se traduire par des actes concrets et durables.

Et même si la situation idéale serait que les VBG n’existent pas dans notre société, la réalité du terrain commande de créer des structures de soutien aux femmes sans attendre. C’est pour répondre à ce besoin que la Fondation Children of Africa a inauguré, le 10 avril 2025, la Maison des Femmes « Safe Home » d’Adiaké.

Ce centre, bâti par la Fondation Children Of Africa, sur deux hectares en bordure de lagune, est une réponse concrète, humaine et réaliste à la détresse de nos sœurs. Avec ses 100 lits pour accueillir temporairement nos sœurs en détresse, ainsi que les places prévues pour les enfants qui les accompagnent ; son service médico-juridique ; son centre de formation et ses espaces de reconstruction et d’apprentissage, la Maison des Femmes d’Adiaké est un tremplin vers un avenir plus radieux pour toutes les femmes en transition.

Ce centre a pu voir le jour, grâce à la générosité de nos chers donateurs engagés à nos côtés, à l’occasion du 8ème dîner de gala de la Fondation Children of Africa. Je les en remercie du fond du cœur.

Je voudrais à ce stade de mon propos, féliciter chaleureusement ma jeune sœur, Madame Nassénéba Touré,  Ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, pour sa gestion efficace de ce centre en collaboration avec la Fondation Children of Africa. Son engagement au quotidien témoigne de la force de notre action collective.

 Mesdames, Messieurs,

Aujourd’hui, vous avez tous signé la Déclaration Nationale d’Engagement contre les violences basées sur le genre, et je tiens à vous en féliciter ! Je vous remercie pour cet acte de courage et de responsabilité que vous avez posé.

Je salue en particulier l’engagement du Gouvernement et de l’ensemble des institutions de la République. En apposant vos signatures sur ce document, vous confirmez la volonté de l’État d’appliquer rigoureusement les lois réprimant les VBG, de mettre fin à l’impunité sous toutes ses formes et d’assurer la protection inconditionnelle de chaque survivante.

Je mesure à cet instant la portée de ce que nous accomplissons ensemble, et je voudrais m’adresser à chacune des parties prenantes impliquées :

  • Aux autorités religieuses : vous êtes les gardiens de la conscience morale de notre peuple. Votre parole porte dans les cœurs et dans les foyers. Merci d’accompagner cette démarche collective pour dire haut et fort, dans vos lieux de culte et dans vos communautés : non aux violences basées sur le genre.
  • A nos Rois et chefs traditionnels : vous incarnez l’autorité coutumière qui structure la vie de nos communautés. Votre engagement envoie un signal fort, à l’effet que les normes qui ont longtemps justifié la violence domestique peuvent et doivent être transformées. Vous en êtes les premiers garants.
  • Aux médias et aux influenceurs : vous avez le pouvoir de façonner les consciences. Informez, alertez, éduquez, sans jamais banaliser. Chaque reportage responsable, chaque contenu qui déconstruit les stéréotypes, est une brique posée sur l’édifice d’une société plus juste.
  • Aux acteurs du secteur privé : les violences basées sur le genre se passent aussi en entreprise. Vos engagements d’aujourd’hui doivent se traduire dans vos politiques internes et dans votre gestion quotidienne. Donner une opportunité à une femme, c’est aussi la sortir de la précarité et de la vulnérabilité.
  • Aux jeunes : vous êtes la génération du changement. Soyez des hommes qui respectent les femmes. Soyez des femmes qui refusent de se taire. Soyez des témoins qui agissent. C’est avec votre génération que les comportements se transformeront durablement et que les changements seront ancrés.
  • À chaque citoyen et citoyenne enfin : si vous êtes témoins d’une violence, ne détournez pas le regard. Signaler, c’est protéger. Le silence complice ne doit plus exister.

 Mesdames, Messieurs,

J’ai à présent, une pensée particulière pour nos sœurs qui ont eu le courage de témoigner aujourd’hui. Ces survivantes qui ont brisé le silence pour que leur histoire serve à en protéger d’autres. Mes chères sœurs, nous vous avons entendues, et vous n’êtes plus seules. Votre courage est le fondement moral de notre engagement commun.

À toutes les femmes qui souffrent encore en silence, je veux vous dire que vous avez le droit et l’opportunité de vivre libres, aimées et respectées. Vous le méritez !

La Côte d’Ivoire que nous voulons prospère et développée ne peut pas se construire efficacement et durablement, sans la contribution pleine et entière de ses femmes. C’est pourquoi j’exhorte chacun des signataires de cette déclaration à honorer l’engagement pris aujourd’hui, avec constance et détermination. Et ce, jusqu’à ce que les violences basées sur le genre soient définitivement éradiquées de notre société.

C’est sur cette note d’espoir que je déclare officiellement lancé, l’Engagement National contre les violences basées sur le genre en Côte d’Ivoire.

 

Je vous remercie.

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