Discours

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MON DISCOURS LORS DE CÔTE D’IVOIRE MADAME DOMINIQUE OUATTARA PROJET DE LA BANQUE MONDIALE UNE FILLE QUI APPREND, UNE FEMME QUI GAGNE (FAFG)

Mesdames et Messieurs,

Je suis heureuse d’être avec vous aujourd’hui, à l’occasion du lancement officiel de cette belle et ambitieuse campagne de la Banque Mondiale baptisée : « Une fille qui apprend, une femme qui gagne », lancée aujourd’hui en Côte d’Ivoire.

Je voudrais avant tout propos, saluer la présence de l’ensemble des personnalités présentes à cette importante cérémonie, particulièrement mes chères sœurs Mesdames Maimouna Koné, Épouse de Monsieur le Vice-Président, et Kandia Kamara, Présidente du Sénat ; ainsi que tous les Présidents d’Institution qui se joignent à nous ce matin pour l’occasion.

J’aimerais également saluer la présence de Mesdames et Messieurs les Ministres, et spécifiquement :

  • Madame Anne Désirée Ouloto Lamizana, Ministre d’État, Ministre de la Fonction Publique et de la Modernisation de l’Administration, qui est à nos côtés pour l’occasion ;
  • Madame Nassénéba Touré, Ministre de la Famille, de la Femme et de l’Enfant, dont le Département est en première ligne sur ce projet d’envergure en faveur de nos filles et femmes de Côte d’Ivoire ;

Je salue aussi la présence des Ambassadeurs et Chefs de Missions Diplomatiques accrédités en Côte d’Ivoire, ainsi que Mesdames les Ambassadrices avec à leur tête, Madame Suhad Belliard, Ambassadrice de France. Merci d’être à nos côtés, comme à votre habitude.

Je salue également Madame Hélène N’Garnim Ganga, Coordonnatrice résidente du Système des Nations Unies, ainsi que tous les partenaires au développement qui s’engagent à accompagner ce projet. Merci d’être avec nous aujourd’hui, pour soutenir l’équité de genre.

Je voudrais saluer à présent, Madame Marie-Chantal Uwanyiligira, Directrice des Opérations de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire, le Bénin, la Guinée et le Togo. Chère Marie-Chantal, je tiens à vous remercier pour cette initiative qui traduit votre détermination à bâtir un avenir plus juste et plus inclusif pour nos filles. Ce sont à la fois vos efforts et votre conviction qui nous ont mené jusqu’à cette journée de lancement. Je vous félicite d’avoir persévéré pour concrétiser votre vision d’une société plus équitable.

Mes salutations vont à présent à toutes les autorités administratives et politiques, particulièrement à Monsieur Jean-Marc Yacé, Maire de la commune de Cocody, que je remercie pour son chaleureux mot de bienvenue.

Je salue enfin toutes nos sœurs et nos filles issues des divers domaines d’activités et particulièrement celles qui ont témoigné aujourd’hui.

Mesdames et Messieurs,

Comme vous le savez, l’éducation, la santé et l’épanouissement de nos enfants, sont des sujets qui me tiennent à cœur. C’est pourquoi, lorsque notre sœur Marie-Chantal m’a demandé que la campagne « Une fille qui apprend, une femme qui gagne » soit placée sous mon haut-patronage, j’ai accepté sans hésiter.

Cette initiative nationale a pour objectif de mobiliser les institutions publiques, le secteur privé, les partenaires techniques et financiers, la société civile, les universités, les médias et les citoyens autour d’une ambition commune : celle de faire de l’investissement en faveur des filles et des femmes, un levier structurant de transformation sociale et économique.

Je voudrais avant de poursuivre mon propos, prendre le temps de féliciter Madame la Directrice des Opérations de la Banque Mondiale, ainsi que ses équipes, qui mènent à bien ce projet avec conviction. Il s’agit d’une démarche utile et bienveillante qui place l’éducation, l’autonomisation et la protection des femmes et des filles, au cœur de notre action collective. J’adhère pleinement à cette vision qui met en perspective, le bien-être de nos sœurs, car j’ai toujours pensé qu’une jeune fille instruite deviendra plus tard une femme agissante pour sa famille, sa communauté et son pays. Je vous encourage donc à poursuivre dans cette voix et à mobiliser toutes les parties prenantes et les forces vives nécessaires au bon déroulement de cette campagne.

Chers partenaires,

Nous avons tous entendu des témoignages bouleversants, de femmes et de jeunes filles qui ont surmonté l’injustice, le découragement, parfois même la violence, pour se tenir debout. Elles sont la preuve vivante que nos engagements ne sont pas vains et qu’ils portent leurs fruits. Ces jeunes femmes nous rappellent que nous devons continuer à agir ensemble, pour avoir un impact plus grand et plus positif encore, sur nos communautés.

Aussi je me réjouis du lancement de la campagne « une fille qui apprends, une femme qui gagne », qui appelle notre responsabilité à tous et que nous devons assumer collectivement, afin de changer durablement la donne pour nos jeunes filles.

Mesdames et Messieurs,

Cette campagne repose sur trois piliers qui forment une architecture cohérente et ambitieuse, à savoir l’éducation, l’inclusion financière et la sécurité et la protection de nos jeunes filles. En les découvrant, j’ai eu la confirmation que les actions que nous menons avec la Fondation Children of Africa depuis 28 ans, étaient en droite ligne avec les objectifs visés par cette initiative.

En ce qui concerne l’éducation qui est le fondement de cette campagne, l’enjeu est de scolariser les filles et de les maintenir à l’école le plus longtemps possible. Chaque année supplémentaire de scolarisation augmente les perspectives de croissance socio-économique d’une jeune fille et réduit sa vulnérabilité.

Ce pilier résonne fortement en moi, car c’est précisément ce qui m’a motivée, en 1998, à créer Children of Africa, avec l’ambition simple que chaque enfant de mon pays, et particulièrement chaque fille, puisse accéder à une éducation de qualité, quel que soit son milieu d’origine. C’est dans cette optique que nous avons inauguré en 2000, le Lycée de jeunes filles de Kong, devenu plus tard, le Lycée d’Excellence de Kong.

Nous avons également construit en 2020, le Groupe Scolaire d’Excellence Children of Africa d’Abobo, pour donner aux enfants les plus défavorisés, l’opportunité de recevoir une éducation d’excellence. Ces réalisations ne sont pas de simples infrastructures, elles sont la traduction matérielle de notre conviction que l’école est le premier espace d’émancipation pour nos filles. Et je suis fière de voir que Mademoiselle Ajahi Djamila du Groupe Scolaire d’Abobo, a été classée 2ème au niveau national avec une moyenne de 167.66 sur 170. Je vous demande de l’applaudir bien fort.

Pour renforcer également l’éducation de nos enfants, nous construisons et équipons des cantines scolaires et distribuons chaque année, des milliers de kits scolaires en vue de faciliter l’accès à l’éducation de nos enfants issus de milieux défavorisés, afin d’offrir un avenir meilleur à nos enfants.

Pour ce qui est de l’entrepreneuriat et de l’inclusion financière, qui constituent également un pilier essentiel de nos actions ; je reste convaincue qu’une femme qui a les moyens de créer, d’investir, de bâtir, ne tend plus la main pour subvenir à ses besoins et subsister. C’est précisément ce que vise le Fonds d’Appui aux Femmes de Côte d’Ivoire (FAFCI), mis en place depuis 2012, pour offrir aux femmes l’accès à un microcrédit à taux réduit.

Aujourd’hui, plus de 430 000 femmes ont ainsi pu créer leur activité, retrouver confiance en elles et gagner en autonomie depuis la création de ce fonds. Le FAFCI n’est pas qu’un simple filet de sécurité, il s’agit bel et bien d’un tremplin économique et financier disponible pour nos sœurs. Et les résultats que nous observons au quotidien, démontrent qu’une femme soutenue dans son projet économique devient un moteur de développement pour toute sa communauté.

Enfin, il existe des éléments catalyseurs, tels que la protection et la sécurité de nos filles qu’il est important de prendre en considération, pour atteindre nos objectifs. Car aucune autonomisation durable n’est possible dans la peur ou dans la douleur. Garantir la sécurité des femmes et des filles, lutter contre les violences basées sur le genre, contre les mariages précoces et les mutilations, demeure le fondement sur lequel tout le reste se construit. C’est la raison pour laquelle nous agissons depuis plusieurs mois pour la protection et la prise en charge de nos sœurs victimes de violences, à travers la Maison des femmes Safe Home d’Adiaké.

Cet espace, construit par la Fondation Children of Africa en 2024, a été pensé pour apporter l’écoute, les soins et l’accompagnement dont nos sœurs ont besoin pour se reconstruire et se reprendre en main. Car nous ne pouvons pas parler d’autonomisation sans parler de protection, ce sont les deux facettes d’une même ambition.

Mes chères filles,

Mes chères sœurs,

Vous êtes au centre de cette campagne. J’aimerais que vous preniez conscience du fait que votre éducation n’est pas une faveur que l’on vous accorde. Il s’agit d’un droit fondamental que vous devez revendiquer, et une force que vous devez cultiver.

N’ayez jamais peur de rêver grand, d’oser, de créer, de diriger. Osez les sciences. Osez la technologie. Osez les responsabilités. Osez échouer parfois : les plus grands succès portent les cicatrices de leurs tentatives. Mais n’osez jamais renoncer. Vous êtes l’avenir. Et l’avenir vous appartient.

Mesdames et Messieurs,

Je terminerai mon propos en réitérant mes remerciements à toutes les personnalités et les organisations qui se sont mobilisées pour la réussite de cette campagne.

En ce qui me concerne, je suis heureuse de pouvoir apporter mon soutien à cette belle initiative qui favorise l’éducation, la santé et l’autonomie des filles et des femmes en Côte d’Ivoire.

Quand une fille apprend, une femme gagne. Quand une femme gagne, une famille progresse. Quand une famille progresse, une communauté se renforce. Et quand une communauté se renforce, c’est une nation qui prospère.

Sur ces mots, que je déclare officiellement lancée la campagne « Une fille qui apprend, une femme qui gagne », initiée par la Banque Mondiale et ses partenaires, en Côte d’Ivoire.

Je vous remercie.

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